Watremez : le breton aux fantastiques mélodies

A l’occasion de la soirée Hard Dance Party par Conspiracy Events à Brest, nous avons interviewé un producteur breton : Watremez ! Entre ses dernières productions, son amour pour le hardstyle et sa relation avec d’autres producteurs français, vous en apprendrez beaucoup sur un artiste talentueux.

Salut Mathieu, peux-tu te présenter rapidement pour nos lecteurs ? Comment te sens-tu à quelques jours de ton set à la soirée Conspiracy à Brest ?

Moi, c’est Mathieu, plus connu sous le nom de Watremez pour le côté musical. Je suis un jeune DJ/producteur de Bretagne, des alentours de Vannes. J’ai fait la rencontre du hardstyle il y a 15 ans, puisque je jouais à un jeu MMORPG qui s’appelait Dark Orbit et on écoutait beaucoup les premiers sons de Headhunterz et notamment Power of the Mind. On appréciait aussi beaucoup Brennan Heart ou Coone. Je me suis mis en premier lieu à devenir DJ à l’aide de bons vieux contrôleurs Hercules, avec mon frère. On a commencé à mixer dans des soirées généralistes pour se faire la main jusqu’à mes 18-20 ans. Ensuite, j’ai découvert le milieu EDM puis j’ai commencé à produire il y a 5-6 ans. Je suis resté longtemps dans l’ombre avant de me lancer dans quelque chose de concret. Ma première virée à Qlimax m’a définitivement rendu amoureux de ce genre musical et je m’y suis consacré à 200%.

Concernant la soirée au Cube à Ressort à Brest avec Conspiracy Events, je l’attends avec impatience ! D’une part, parce que c’est le premier booking de l’année 2023 pour moi, mais aussi parce que ce sera l’occasion de tester de nouveaux morceaux, de rencontrer un nouveau public et de partager un bon moment avec des artistes français, que je connais pour certains mais aussi de rencontrer Morgan pour voir si une collaboration peut se faire sur de prochains événements.

Petit défi pour toi : peux-tu nous dire à quel BPM ton cœur bat ?!  

A combien il bat actuellement ou… (rires) Actuellement il bat à 155 bpm, j’ai commencé à 150, mais je me rends compte que certaines mélodies courtes s’adaptent mieux à 155 bpm. On apporte une certaine fraîcheur, c’est le standard depuis 2021, Before I wake est un exemple parfait. Je pense m’orienter vers ce bpm à présent.

Les tracks euphoriques sont plus agressives qu’il y a quelques années, on le sent notamment dans les mid-intros et à travers la croissance du “rawphoric”. Comment vis-tu cette évolution ?

C’est une perpétuelle évolution, qui est inévitable dans chaque style. Quand Martin Garrix sortait Animals, en 2013 : c’était révolutionnaire ! Son kick très impactant a lancé la mode de la Bigroom, c’est devenu mainstream ensuite. L’euphoric hardstyle a connu son essor entre 2011 et 2019 environ. Le kick a beaucoup évolué sur cette période, les punchs de 2019 était déjà plus “rawish” : encore une fois, impactants et secs. L’aspect euphorique on le garde avec ce côté “dreamy”, avec des vocals et des breaks très mélodiques. L’évolution vers des sonorités plus raw est une évolution logique à mon sens, mais je comprends qu’il reste quelques puristes invétérés qui sont fans des mélodies et des kicks distordus de quelqu’un comme Cyber par exemple. Je ne pense pas que l’euphoric va mourir, mais le style va changer, car le rawphoric est devenu prédominant.  

D’où vient ton nom de scène, Watremez ?

C’est mon nom de famille, je n’ai pas été cherché loin, c’est pratique !

D’où tires-tu ton inspiration, tes tracks sont particulièrement euphoriques ?

Mon inspiration vient en premier lieu des mélodies. J’écoute des tracks sur Spotify, j’analyse aussi la construction des breaks, j’aime ce qui est cinématique avec des choirs, des pads, du piano : j’adore cet instrument. Pour les kicks, il en existe tellement de disponibles en ligne que n’importe quel producteur peut utiliser des kicks venant de packs. Ce qui est le plus compliqué, c’est d’avoir sa propre patte, de développer son sound design avec des chords et des leads qui permettent de se démarquer des autres et d’être identifiable. Je m’inspire beaucoup de ce qui sort chez Art of Creation, de Gearbox Euphoria; j’adore le label et je suis très fier d’avoir sorti une release chez eux en 2022; mais aussi I am Hardstyle Amplify, il y a des tracks pointues. Je pense à Hypnose, par exemple, qui fait de très bonnes tracks. J’ai échangé avec de supers producteurs qui sont devenus des amis : High Resistance, Regrave ou encore N-Expected. On s’entraide beaucoup dans la création de nos morceaux, on se donne des idées, nous sommes tous complémentaires parfois.

Tu as sorti deux releases sur des gros labels : une collab avec High Resistance est sortie chez Qdance presents Next,  et un solo sur Gearbox Euphoria. Peux-tu nous raconter comment ces sorties se sont mises en place ?

Avec High Resistance, on se connaît depuis 5 ans. J’avais un podcast Welcome to my hardlab sur Soundcloud. Je les avais invités en guest mix pour un épisode. On avait eu des interventions d’autres artistes, c’était sympa. J’ai envoyé mes productions en 2021 à Maxence, un des deux membres du groupe. Il les a trouvées pas mal et estimait qu’on pouvait tenter une collab. En partageant nos convictions, on est tombé d’accord sur une mélodie, via Discord, qui est sans doute l’application sur laquelle les artistes se retrouvent tous. Il a pris la main sur la mélodie et ça a été très rapide. On a trouvé le vocal facilement. Je lui ai proposé de tenter Qdance Next pour la release. On a envoyé la démo et deux semaines après, on a eu une réponse positive pour une release en février. On a eu de super retours et je suis très content de cette sortie.

Et pour Falling In, j’ai envoyé la démo à High Resistance, qui était chez Gearbox Euphoria en lui demandant son avis et si selon lui, cette track pourrait intéresser le label. Avec eux, ça a été plus compliqué en termes de feedback, car il a fallu modifier des éléments. C’est le jeu avec les labels, parfois, il manque une petite touche qui doit être apportée pour une sortie. C’est ce qui s’est passé et on a release le projet en octobre.


Tu as gagné en visibilité derrière ?

Je vais être honnête, avec Qdance, oui, c’était un coup de boost intéressant. Quand j’ai mixé au Pandora Festival, en Bretagne, on s’est retrouvé là-bas avec High Resistance et j’ai été sélectionné par le biais du dj contest pour faire l’opening. J’avais eu le droit à un article d’électro world qui me mentionnait en tant qu’artiste émergent. Ces retours m’ont fait énormément plaisir et c’est très encourageant pour la suite. 

In Harder Style a également parlé de toi, il y a peu en classant dans son top 20, un de tes morceaux : peux-tu nous parler de l’histoire derrière Hold on to me ?

J’ai trouvé le vocal, libre de droit et j’ai immédiatement adoré. Le vocal m’a personnellement impacté : il parle d’amour et je m’y suis retrouvé, car j’avais connu une déception qui m’a marqué il y a quelques années. J’ai voulu créer une mélodie à la fois mélancolique et énergique, positive. J’ai joué sur l’aspect émotionnel dans le dernier drop en ajoutant des choirs. C’est pour moi mon meilleur morceau à ce jour. Il est sorti chez Kiss & Ride et c’est sûrement le morceau qui m’a fait un peu décoller en termes de streams et avec lequel j’ai reçu beaucoup de retours, même de gens pourtant non adeptes du hardstyle. Ça m’a touché ! 

Tu habites en Bretagne : comment se porte la scène hard dans cette région ? Tu connais d’autres artistes bretons ?

Un producteur et ami, Dark Phaze par exemple, a ouvert le LFV Festival en 2022, qui est pour moi l’événement à ne pas manquer dans l’Ouest. Après, tu as le Pandora Festival qui a une superbe organisation. L’endroit est incroyable et le public bouillant, le tout avec une très belle line-up ! Il existe aussi des festivals plus privés. J’ai des potes qui organisent annuellement un petit festival nommé Dreamcase par exemple, avec des DJs/producteurs locaux, qui ne tarderont pas à faire parler d’eux avec l’exemple de Kayser. Des clubs organisaient parfois des soirées par le passé. Dans le Morbihan, on a eu le Stargate, qui avait fait venir Frontliner, Headhunterz également en 2014, Warface… C’est très bien que Conspiracy Events vienne en Bretagne. Je le partagerai à mon niveau, j’ai hâte, ça peut redynamiser le secteur des événements de ce genre !

Vous avez fait venir Sound Rush en Bretagne avec leur camping-car, peux-tu nous parler de cette expérience ?

Je connais personnellement les deux frères de Sound Rush, on communique de temps en temps. J’ai appris qu’ils faisaient le camper tour. Je les ai contactés et ils m’ont proposé de voir avec leur agence de booking. J’ai monté une cagnotte avec des amis et un des deux frangins m’a proposé de faire venir Villain, en exclusivité. J’ai dit oui sans hésiter et ils sont venus tous les trois dans un endroit privé appartenant à un agriculteur. On a monté une mini stage en bois, et la soirée était en petit comité avec même une intervention de la gendarmerie. L’événement s’est très bien passé : j’avais notamment invité Time Art, un jeune DJ producteur qui avait sorti des sons sur Kiss & Ride et Akkros records. Il y avait aussi mon super pote Regrave avec qui une collab sortira courant 2023.

Justement, quels sont tes plans pour 2023 ?

Concernant les collaborations, il y aura donc Regrave. Une autre avec un Hollandais, qui a un beau nom là-bas, et 3 ou 4 tracks solos. Je souhaite faire une année à 6 morceaux minimum. J’aimerais beaucoup mixer en France, promouvoir le hardstyle dans ma région ou ailleurs ! J’aime également mettre en avant le travail d’artistes peu connus, comme moi ! J’aime quand il y a de l’interaction avec le public, la musique n’est rien d’autre que du partage à mon sens ! 

Appel aux organisateurs de soirées ! 

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