Rencontre avec Déborah, à la tête de Dream Nation et Audiogenic

Notamment à la tête du festival Dream Nation, Déborah nous a accordé quelques instants pour décrire son quotidien en cette période d’incertitude et son combat pour que le secteur de l’événementiel puisse avancer dans la bonne direction. Elle revient également sur les circonstances de l’annulation de Dream Nation en 2020 et sur ce qu’on peut espérer pour l’édition 2021. Sans oublier les actus d’Audiogenic et de la tournée Born To Rave !

Passion BPM : Bonjour Déborah ! Merci de nous accorder un peu de ton temps. Peux-tu commencer par te présenter rapidement ?

Déborah : Bonjour à tous !

Tout d’abord j’ai créé un des premiers labels Hardcore français en 1995, nommé Audiogenic, en collaboration avec Radium, dans le but de développer ce style musical sur le territoire français. L’entité a regroupé 13 sous-labels dont Psychik Genocide et Neurotoxic, ou d’autres sous-labels créés en collaboration avec des artistes divers, que ce soit le label Absurd Audio avec The Speed Freak, Alternhate avec Tieum, Born Ultraviolent avec Hellfish parmi d’autres… Aujourd’hui le label Audiogenic compte plus de 3600 phonogrammes sur les vingt-cinq dernières années. Une partie de l’histoire de cette musique ! 

En quelques années, suite à la création du label dont les productions se différenciaient par rapport aux autres productions européennes, les hollandais ont inventé le terme « Frenchcore » pour caractériser ce genre dont Audiogenic en était devenu le porte-étendard.

Suite à l’arrivée du digital et à la crise du disque en découlant au début des années 2000, nous avons diversifié notre activité en produisant des tournées Hardcore sur tout le territoire français. Depuis quelques années, le nom de la tournée est Born To Rave, peut-être en avez-vous déjà entendu parler ?

En 2013, j’ai créé le festival Dream Nation, à Paris, dans le but d’abolir les frontières entre les différents styles de musiques électroniques (Techno, Trance, Bass Music, Hard Music), avec des valeurs qui me sont chères comme l’ouverture d’esprit, la tolérance, la bienveillance, le sens de la fête avec des décorations et performances spectaculaires… Un nouveau monde de rêve dans lequel tout le monde pourrait s’y retrouver. 🙂 

En 2020, je fêtais mes 25 d’activisme quand la crise du Covid est arrivée, mettant un frein brutal à notre activité…

Passion BPM : Commençons par notre question habituelle, à quel BPM ton cœur bat-il ?

Déborah : Le Hardcore étant ma passion première, mon cœur bat entre 170 et 210 BPM depuis que j’ai découvert le genre au début des années 90. Mon style de prédilection est le Frenchcore. Je vais forcément te citer des artistes pour lesquels je me suis battue corps et âme comme Radium, Micropoint, The Speed Freak, Maissouille, Psiko, parmi d’autres. Dans les nouvelles générations, Sytri-x et JKLL sont des artistes à découvrir impérativement ! 

Quant à mon DJ Hardcore favori, je mets l’américain Lenny Dee en première position ! C’est clairement un des meilleurs Djs que je connaisse, ses sets sont millimétrés, précis, une technique parfaite, et une sélection super accrocheuse ! Le tout pour un mix parfait. 🙂 

Cependant, je n’écoute pas que du Hardcore. J’aime également d’autres styles de musiques électroniques comme la Psytrance, la Techno (plutôt sa version dure), l’Acid, etc.

Passion BPM : A titre personnel, comment vis-tu cette situation de crise sanitaire qui dure depuis plus d’un an maintenant ? A quoi ressemble ton quotidien en cette période d’incertitude pour les acteurs de l’événementiel ?

Déborah : De formation scientifique, j’avais travaillé par le passé dans un laboratoire pharmaceutique dans un service de recherche fondamentale. Je me suis donc beaucoup investie depuis le début de la crise sanitaire pour essayer d’apporter des solutions pour le spectacle en général. Par exemple, j’ai essayé de proposer des protocoles expérimentaux à l’aide de plusieurs chercheurs du CNRS, que ce soit via la détection cynophile (par les chiens) ou avec des tests salivaires à l’entrée des événements. Je fais d’ailleurs partie du groupe de travail du Ministère de la Culture concernant les propositions sanitaires potentiellement envisageables pour la réouverture de notre secteur. Les lenteurs administratives sont très frustrantes mais au moins j’essaie de faire avancer les choses… Mon quotidien ressemble donc à un travail acharné pour trouver des solutions ! 

J’ai l’impression d’être entendue par le Gouvernement, mais comprise, j’en doute…

Passion BPM : Globalement, que penses-tu de la gestion de la crise sanitaire de la part du gouvernement sur les volets culturels et événementiels ? As-tu l’impression d’être entendue et comprise ?

Déborah : Il me semble important de mettre en lumière que le gouvernement prend ses décisions de gestion de la crise sanitaire sur les conseils de scientifiques qui font des recommandations, des modélisations ou des études publiées sur le sujet. 

Subjectivement, la situation me révolte ! Je me bats de toutes mes forces pour libérer l’événementiel de cette dictature sanitaire. Mais objectivement, connaissant les arguments des différentes parties qui pèsent dans la balance, j’avoue qu’il n’est pas simple de trouver des solutions qui prennent en compte tous les paramètres. Il y a un vrai sujet de fond sur la protection des minorités les plus vulnérables. De plus, personne ne connaissant l’évolution de la crise sanitaire à court et moyen terme, avancer dans l’incertitude est complexe pour tous. 

J’ai l’impression d’être entendue, mais comprise, j’en doute… Le gouvernement demande bien l’avis des représentants du secteur, mais nous ne faisons que naviguer entre espoirs et désillusions. ☹  

Passion BPM : Vous aviez pourtant espoir de pouvoir organiser quelque chose pour l’édition 2020 de Dream Nation Festival. Finalement, cela n’a pas été possible… Avez-vous subi de grosses pertes financières ? Avez-vous des aides de l’Etat pour survivre ? Quelle est ton opinion sur la façon dont a été gérée l’annulation de l’événement ?

Déborah : Nous nous sommes battus jusqu’au bout pour l’édition 2020 du festival Dream Nation ! Cela a été épique ! Suite à l’annonce fin août de la prolongation du décret interdisant les Grands Rassemblements jusqu’au 31 octobre, le festival Dream Nation dans sa version initiale a dû s’annuler. Mais nous n’avons pas baissé les bras et avons monté rapidement un petit événement symbolique de remplacement, intitulé Dream Xxs. Nous tenions à faire une petite fête coûte que coûte ! Lorsque l’autorisation nous a été donnée trois semaines avant la soirée, il nous avait été précisé qu’elle n’était pas définitive et qu’elle pouvait être retirée en cas d’évolution défavorable de la situation sanitaire… Bingo : l’event a été annulé alors que nous étions en plein montage ! Le choc et la déception furent immenses et extrêmement violents car nous nous étions tellement battus, nous avions tant espéré… Quant aux pertes financières, elles sont dramatiques même après quelques aides de l’Etat. On survit donc actuellement comme on peut et on garde espoir de pouvoir rebondir dans le futur ! Il est impératif que nous puissions nous raccrocher à quelque chose… On se projette donc dans des jours meilleurs. 🙂

Passion BPM : Que peut-on alors attendre en 2021 côté Dream Nation ?

Déborah : C’est une grande interrogation pour nous tous… Nous sommes obligés d’attendre de connaître l’évolution de la crise sanitaire pour envisager d’éventuelles alternatives. Tout dépendra de l’évolution de l’épidémie..

Passion BPM : Quels sont les actus et les projets pour le label Audiogenic et la tournée Born To Rave ?

Déborah : Quelques belles sorties sont à venir sur le label Audiogenic. Je vous les annonce en avant première : un EP de Radium « Retroviral Ep » pour la fin du mois d’avril,  avec un vrai retour aux sources du Frenchcore et un EP de Psiko « Frenchcore Revenge » début juin. 

Nous espérons aussi pouvoir entamer une nouvelle tournée Born To Rave début 2022 dans de nombreuses villes en France ! More info coming soon. 🙂

Passion BPM : Pour terminer, peux-tu nous dire quels sont tes souhaits et tes envies pour cette année 2021 ?

Déborah : Je suis une passionnée qui place ma passion avant tout autre chose. Mon souhait est de continuer à exercer mon métier-passion avec ferveur et amour, que nous puissions de nouveau partager des moments incroyables avec le public dans des fêtes incroyables, pour les émerveiller, les rendre heureux, et voir des sourires sur leurs visages sur un dancefloor… Tous les adeptes de Hardmusic me manque terriblement !

Passion BPM : Merci pour tes réponses. On croise les doigts pour Dream Nation et on te souhaite bon courage dans ta lutte de tous les instants pour faire avancer les choses.

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2 réflexions sur “Rencontre avec Déborah, à la tête de Dream Nation et Audiogenic

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