Genesis by b2s : retour aux sources réussi

Le samedi 21 Septembre dernier était un jour où tout fan de Hardstyle produit entre 2001 et 2013 se devait d’être à Eindhoven pour une nouvelle édition de Genesis. Il s’agit d’un des derniers concepts créés par B2S, organisation surtout connue pour ses grands événements tant indoor que outdoor tels que Hardbass, Pussy Lounge (at the Park) et bien sûr Decibel Outdoor Festival.

Pour ma part, en tant que grand nostalgique d’Early Hardstyle de 2003 et 2004, et plus encore de Hardstyle oldschool datant d’entre 2007 et 2012, j’y étais, et voici ce qu’il faut retenir de cet event version 2019.

Le lieu

Tout d’abord, le lieu : le Klokgebouw n’est pas un très bel endroit mais il est pratique et fonctionnel. Les salles étant directement collées les unes aux autres. J’arrive sur place dès 13:15, soit seulement un quart d’heure après l’ouverture des portes. La validation du billet, la fouille, les lockers et la prise des tokens, tout cela est géré en 6 minutes à peine. Bien entendu, il n’y a pas encore trop de monde, et je profite surtout de la première demie-heure pour découvrir l’espace ainsi que la qualité sonore de chacune des trois salles.

La première salle, celle axée sur l’Early Hardstyle de 2001 à 2005, est très petite et le système son ne rend pas (pour le moment) très bien les basses ni les kicks. Je me dis que ça ira probablement mieux au fur et à mesure que l’événement avancera. La deuxième, celle dédiée au Hardstyle mélodieux des années 2006 à 2012, propose un meilleur soundsystem, ce qui me rassure étant donné que c’est là que je compte passer le plus gros de mon temps. La troisième area, de son côté, avec focus sur les débuts du RAW de 2009 à 2013, propose pas mal d’espace pour danser, et la qualité sonore y est acceptable, mais pas impressionnante non plus. Au fil des heures, et des passages par les trois salles, ce qui vient d’être décrit ne changera finalement pas. Grosse déception concernant l’area 1, du coup…

Mais comme dit juste au-dessus, l’area 2, elle, propose un son clair, fort et assez équilibré. Il s’avère que c’est là que je vais passer quasiment tout l’event.

Les sets

Le premier set est offert par Dozer qui joue des sons de 2006 à 2008 ; quasiment aucun titre plus « récent » que cela. Entre autres, il joue deux de ses classiques, « The Church Of The Darkside » ainsi que « The Legacy », de quoi ravir les 150-200 passionnés déjà présents sur place.

Suit A-Lusion qui fait vraiment plaisir avec une succession de titres aux mélodies inoubliables. De son côté, il s’autorise à jouer quelques tracks datant de 2010, voire début 2011. Ce qu’on retiendra surtout en termes de sons joués, ça sera le remix de Scope DJ de « Music In You », « Veritas » (quelle track, celle-là !) ou encore « I Don’t Wanna Know » et bien entendu, « Atlantis », repris en chœur par l’intégralité du public. C’est ça qui fait la force de Genesis : on n’y trouve aucun raver qui serait sur place par erreur. Tout le monde est un mélange de passionné et de connaisseur, qui connaît chaque mélodie ou presque à la note près, même si douze ans ont passé entre la sortie des sons joués et aujourd’hui. Un vrai bonheur de partager des moments entre vrais fans de Hardstyle de cette époque !

Passion BPM - Genesis - A-Lusion

Place ensuite à The Prophet qui semble un peu brouillon en début de set. Mais on comprend assez vite qu’en fait, le doyen s’amuse à jouer entre différentes parties de différentes tracks, et tenter des transitions audacieuses, ou du moins, plus audacieuses que la normale pour un DJ Hardstyle. Il déborde sur 2003 en jouant « Go Go Go » de Julian DJ et Davide Sonar en début de set. Mais très vite, il revient à ce qu’on attend sur l’area 2 avec des tracks de 2008 à 2012. Bien entendu, ses classiques sont joués notamment « The B-Side » (officiellement produit sous le nom de Proppy & Heady (pour Headhunterz)), « Shizzle » (2011 Remuxx), et « Wake Up » qu’à titre personnel je n’ai jamais vraiment appréciée, mais qui a au moins le mérite de toujours réveiller la foule.

Passion BPM - Genesis - The Prophet

Pendant le set des Donkey Rollers, je fais une pause car ce qui suit sur l’area 2 va me demander beaucoup d’énergie. Je fais un tour par les zones 1 et 3 où je constate les quelques soucis sonores évoqués précédemment. Cela me convainc donc de passer le reste de l’événement dans la zone 2, à l’exception du créneau 18:00-19:00, où je compte aller voir l’immanquable B-Front en zone 3.

De 17:00 à 18:00, Josh & Wesz proposent une fois encore un set magique où se succèdent les classiques parmi les classiques. Entre autres, ils balancent « Reputation Game » de Brennan Heart & Wildstylez, « Hate It Or Love It » d’Headhunterz, « BassBoom » des Psyko Punkz, le remix par Headhunterz de « Her Voice » par Builder, « Part Of The Hard » de D-Block & S-te-fan, et la surprise du chef, le remix par Zatox de « Bringing The Funk », une track vraiment sous-côtée et qui mériterait d’être plus souvent jouée… C’est bien simple : à chaque fin de track, on espère une track un peu moins mythique pour pouvoir se reposer 4 minutes, mais nos deux compères ne nous font pas ce cadeau ! Rien que leur set amortit le prix du billet !

Passion BPM - Genesis - Josh & Wesz

L’heure qui suit est dédiée à Monsieur B-Front qui, comme toujours, délivre toujours autant de passion et d’énergie on stage. On sent qu’on est dans une scène RAW en revanche. Comparé à l’area 2 où tout le monde se regardait un peu bêtement en partageant des sourires sur les mélodies de l’époque, l’ambiance dans l’area 3 est plus sombre, et individualiste aussi. Il y a toujours beaucoup de passion, énormément d’énergie bien sûr mais le public (quasiment 100% masculin pour ce set de B-Front) est dans un délire beaucoup moins « smile & revival niais » que sur l’area voisine. Ce set permet quoi qu’il en soit de se rappeler combien B-Front est vraiment le maître des débuts du RAW. Tous ses classiques des années 2009 à 2012 y passent : son remix de « Distorded », « Virus », « Undiscovered », sa collab’ « Crossin’ Over » avec Coone, l’inévitable « Magic » en closing mais surtout, ce qui restera comme ses deux meilleures tracks selon moi : « Inner Creativity » d’un côté, et « Mysterias », sur laquelle le public était complètement possédé de l’autre ! Une énergie à réveiller les plus fatigués du public !

Les trois heures qui suivent sont tout simplement magiques avec un enchaînement Frontliner (1h30) / Noisecontrollers (1h) / Psyko Punkz (30 minutes) de très haut niveau.

Frontliner donc, tout d’abord, que je suis ravi de revoir après plusieurs années sans avoir pu suivre de set de sa part. A l’occasion de cet event oldschool, il nous permet de réaliser combien on lui doit de tracks solides lors de ces années 2008 à 2012. Regardez plutôt une partie de ce qu’il a joué : « We Are Indestructible », « Halos », « Tuuduu », « Symbols », « Spacer », « Rebirth Of The Sun », « Lose The Style », « Godz Power » avec B-Front, « Discorecord », « Keep It Up »… Mes trois regrets : ne pas avoir eu « Phaseriffic », « Never Come Down », une track à l’énergie évidente ni « Death Of A Demon », selon moi la plus sous-estimée de ses productions.

Passion BPM - Genesis - Frontliner

Noisecontrollers ensuite, qui lui non plus n’a aucune pitié pour nos organismes, enchaîne classique sur classique. Là encore, pas besoin de blabla, lister les tracks jouées parlera tout seul : « Moonraker », « Summer In The City », « Revolution Is Here », l’habituel combo « Crump » + « Shreek » qui fera toujours son effet, le combo « Just As Easy » / « Attack Again », mais aussi des tracks plus récentes telles que « The Space We Created » avec Headhunterz, « So High », « Pillars Of Creation », « Quatre Mains », « Gimme Love », « Sludge »… Et là encore, on se fait une liste de ce qui n’a même pas été joué et qui aurait eu sa place pourtant : « Faster’n’Further », « Ctrl. Alt. Delete », « Jaydee », « Paranoid », « Diavoli », sa collab’ avec Wildstylez « A Different Story »… C’est dire combien la discographie de Noisecontrollers est géniale.

Passion BPM - Genesis - Noisecontrollers

Je termine mon event en donnant tout ce qu’il me reste sur le set de Psyko Punkz. Pour ceux qui se souviennent du set des PP à Qlimax en 2010, eh bien c’était un peu l’occasion de revivre ce set-là. Pour ce set condensé de 30 minutes, Psyko Punkz ne joue pas des versions complètes mais enchaîne plutôt mélo sur mélo, en calant le plus de sons possibles. Au programme : « Rock Ya Attitude », « Techno Prime », « Not An Addict » (que j’adore et que je n’imaginais pas être jouée ici), « After MF », « The Words », « Dirty Soundz », « Psyko Foundation », « BassBoom » bien sûr, « Overclipping » à la mélodie inoubliable, « Feel The Rhythm », « Voices », et cerise sur le gâteau, en closing, « Pull Your Strings » sur laquelle tous les fans présents ont donné leur maximum.

Passion BPM - Genesis - Psyko Punkz

C’est sur cette performance majuscule de l’ami Wietse que je dois quitter l’event et prendre mon train, sans regrets de louper la dernière heure vu que les artistes qui clôturaient les 3 areas ne me motivaient pas plus que cela, à l’exception peut-être de Tatanka sur l’area 2, pour avoir une dose de Hardstyle italien de l’époque. Mais tant pis, ce qui a été vécu entre 13:30 et 22:00 a déjà été exceptionnel.

Un festival à vivre

Je ne sais pas si l’explication en détail des tracklists et de l’atmosphère sur place aura suffi pour convaincre, mais très franchement, Genesis est un event qui DOIT être fait par tout amateur ou fan de Hardstyle de l’époque, surtout pour ce qui est du Hardstyle mélodieux de la seconde moitié des années 2000, ou pour ceux qui sont nostalgiques des débuts du RAW. Genesis, c’est 10 heures à entendre tous les classiques de ces deux franges du Hardstyle, entouré uniquement de passionnés et connaisseurs qui se souviennent des titres jusqu’au bout des ongles, et qui ont l’énergie pour partager cette ancienne passion, même s’ils ont 30, voire 40 ans pour certains aujourd’hui. Pour ce qui est du Early en revanche, je n’y aurai pas passé suffisamment de temps pour pouvoir donner un avis objectif. Ce qui est sûr, c’est que cette area 1 gagnera à disposer d’un meilleur soundsystem lors des éditions futures, surtout pour un genre dont la caractéristique principale est la reverse bass. Donc, à seulement 2 heures de route de Lille, ou 4 heures et demie de Paris, plus d’excuse pour ne pas venir à la prochaine édition !

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