Retour sur Creamfields 2019

Du 22 au 26 août dernier se tenait le festival Creamfields au Royaume-Uni. Autour du dernier lundi du mois d’août qui est toujours férié en Angleterre, l’event a rassemblé plus de 70 000 personnes pour ce qui est un véritable pèlerinage pour les passionnés de musique électronique outre-Manche. Avec une line up digne d’une Tomorrowland et des échos plus que positifs par rapport à l’ambiance de ce festival, nous avons décidé de tenter l’aventure cette année. Retour sur 4 jours intenses et pleins de surprises !

Une programmation impressionnante

La programmation de cette année était tout simplement bluffante et couvrait l’ensemble des univers House, Techno, Trance, Bass Music ou encore Hardmusic ; avec des pointures telles qu’Eric Prydz, Carl Cox, deadmau5, Above & Beyond, Headhunterz, Andy C ou encore bien sûr la Swedish House Mafia pour un show inédit qui a fait couler beaucoup d’encre, nous y reviendrons.

Nous avons détaillé de long en large la line up dans notre article top 6 des raisons de venir à Creamfields si vous voulez absolument tout savoir de la programmation !

Creamfields 2019 line up - Passion BPM

Bienvenue dans les “champs de crème”

Comme son nom l’indique (fields = champs en français), le site du festival est ni plus ni moins qu’un gigantesque champs, perdu dans la campagne de Daresbury à environ 1 heure de Liverpool et 1 heure de Manchester.

Une fois sur place, on constate que l’agencement du lieu est d’une simplicité déconcertante. L’emplacement du festival est en fait central et les différents campings sont tout autour. Tout était de surcroît bien indiqué afin d’être sûr de ne pas se perdre et de bien se diriger vers le bon camping. Il y avait différentes couleurs de camping qui correspondaient à différents niveaux de confort.

Les multiples étapes de l’arrivée sur les lieux à l’installation dans le camping se font de façon fluide et l’organisation était bonne.

Au sein du camping, on pouvait trouver tout ce qui pouvait être utile avec évidemment de nombreux stands de nourriture et de boissons mais également des stands vendant des accessoires de camping et même une véritable supérette pour faire un stock de nourritures, de boissons, de produits de toilettes…

En règle générale, tout était bien organisé dans le camping.

Creamfields 2019 map - Passion BPM

Deux bémols cependant.

Certains endroits étaient très boueux du fait de la météo des quinze derniers jours et ce malgré l’absence de pluie durant la totalité du festival. Si vous voulez tenter l’expérience Creamfields, mieux vaut s’équiper de bottes !

La propreté n’est pas forcément une priorité pour de nombreux britanniques et le manque de poubelles n’a pas aidé. Pareil au niveau des douches et des toilettes, nous avons vu mieux niveau hygiène.

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Au niveau du festival, tous les dancefloors sont à même la pelouse, il n’y a quasiment pas de surcouches en bois. Les sols étaient rapidement dans un très mauvais état et certaines scènes sentaient mauvais surtout le dimanche après 4 jours de festival.

Nous sommes également étonnés de l’absence de cashless ou de tokens, tout se paie en liquide ou par carte que ce soit dans le festival ou sur le camping. De même, il n’y a aucun gobelet consigné. Sur ces points, nous sommes bien en avance en France.

Les temps d’attente étaient globalement corrects et les files bien gérées.

En bref, l’organisation globale est correcte et au-dessus de la moyenne française mais on est loin de ce qui se fait aux Pays-Bas ou en Belgique.

Une ambiance particulière

Adeptes des festivals français, belges et néerlandais, nous avons été quelque peu dépaysés à Creamfields.

Dès les premières minutes dans le camping, on saisit que c’est un véritable événement national. Plus qu’un rassemblement de passionnés de musique électronique, on retrouve en fait surtout des groupes d’amis qui pour certains ne font que ce festival chaque année. On peut rapprocher l’état d’esprit général à un festival comme l’EMF à la différence près que malgré un public pas forcément puriste, la culture Techno, House et Electro dans son ensemble est là-bas bien plus ancrée que dans l’hexagone.

Les scènes un peu plus pointues comme celles autour des labels mau5trap, Anjunabeats ou encore les différentes scènes Hardmusic étaient bien moins remplies. Mais il n’empêche que chaque scène avait son public et son charme.

Creamfields Social - Creamfields 2019 - Passion BPM

L’ambiance était vraiment extraordinaire partout. Les britanniques savent vraiment faire la fête et toujours dans un excellent état d’esprit. Nous n’avons vu aucun débordement mais simplement des sourires et des personnes qui ne pensaient qu’à s’amuser. Les anglais sont très libérés, ce qui se traduit par une joie communicative mais également au niveau vestimentaire. En guise de comparaison, le public néerlandais est bien plus froid.

Les anglais ont également leurs propres “chants”. Exit les “Eh Eh Oh Oh”, bonjour les “Ouh Hey Hey” et les “Here We, Here We, Here We Fucking Go”. Ca change !

Nous avons croisé très peu d’internationaux là-bas (10% maximum) dont une bonne proportion d’asiatiques. Malgré cela et vu l’enthousiasme des britanniques, nous nous sommes vite pris au jeu et les internationaux se sont vite fondus dans la masse.

Des scènes sobres mais massives

Comme pour le site dans sa globalité, “l’arène” du festival est organisée de façon très simple. Les scènes forment un cercle tout autour quand l’intérieur permet de circuler, de se restaurer ou de participer à des attractions en tous genres (manèges à sensation…). Le site est assez petit, nous sommes très loin d’une Tomorrowland ou de Decibel et Defqon.1. Nous sommes plus proches de l’EMF.

Nous pouvons distinguer trois types de scènes.

Il y a d’abord les deux mainstages en plein air, les scènes Arc et Horizon. Les dimensions et le nombre d’écrans sont plutôt impressionnants mais il n’y a aucun décor. Pas de doute, nous ne sommes pas à Tomorrowland ou dans un event Q-Dance.

Horizon scene - Creamfields 2019 - Passion BPM

La scène Horizon en préparation

Arc Stage - Creamfields 2019 - Passion BPM

La scène Arc en préparation pour le show de la Swedish House Mafia

Il y a ensuite plusieurs scènes sous chapiteaux de dimension variable mais qui n’ont pas forcément d’éléments distinctifs, nous sommes sur du classique.

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Enfin, il y a d’autres scènes situées dans des sortes de hangars qui donnent parfois l’impression d’être dans une ferme. On citera notamment les scènes Silo, Generator et Steel Yard qui avaient vraiment une atmosphère particulière.

Toutes les scènes étaient cependant équipées d’écrans dernière génération qui permettent d’agrémenter tous les sets de l’univers visuel des artistes, ce qui était indispensable pour vivre pleinement de nombreuses performances qui jouaient beaucoup là-dessus, nous y reviendrons.

Des sets de grande qualité

Venons-en aux sets !

Avant cela, on précise que le son était très bon sur l’ensemble des scènes. Pour les connaisseurs, nous étions sur des systèmes L-Acoustics K1 et K2 en Line-Array accouplés avec des subs KS28 qui ont fait leurs preuves. Mention spéciale à la scène Steel Yard où le système sonore était quasiment proche de la perfection avec cette sensation d’être dans un Arena. Nous avons donc pu déguster les sets sans problème.

JEUDI

4 scènes étaient ouvertes en mode “Silent Disco”. Les artistes mixaient mais le son était retransmis dans des casques audio distribués à l’entrée des scènes.

L’ambiance en mode silent disco est toujours particulière. Chacun est dans une sorte de bulle mais cela démultiplie la puissance des mélodies et des vocales reprises en choeur par la foule.

Nous avons débuté en mode Trance avec les sets d’Ashley Wallbridge et Standerwick.

Le premier a délivré un excellent set avec de nombreux titres de son dernier album, Kingdom United, en collaboration avec Gareth Emery, dont le fameux Lionheart.

Standerwick a ensuite proposé plusieurs remixes (Sun&Moon, Madagascar et même du Placebo) et évidemment l’inévitable remix de Reckless, repris en chœur par la foule.

Nous nous sommes ensuite promenés sur les autres stages. L’occasion de voire une scène quasiment full pour Sunnery James & Ryan Marciano en mode Afro House voire Reggaeton par moments.

Nous avons également picoré une partie du set de Sick Individuals qui ont vraiment mis le feu avec notamment Don’t You Worry Child de la Swedish House Mafia.

VENDREDI

Après une découverte de quasiment l’ensemble des scènes qui ouvraient ce jour, nous avons suivi dans son intégralité le set de MaRLo. Sur la scène Freakshow qui finissait en Hardstyle avec notamment Timmy Trumpet juste derrière lui et Sub Zero Project en clotûre, nous nous attendions à un gros set Tech Trance énervé. Mais son heure de passage assez tôt dans la journée l’a peut être bridé un peu et nous sommes restés un peu sur notre faim. Il n’a pas passé sa collab avec Avao, We Are The Future, ni du Hard en fin de set. Il s’est contenté principalement de remixes (In The Air, Zombie Nation, Untz Untz, No Good de Prodigy…). Le remix de Fix You de Coldplay à la fin du set était quand même bien senti pour chauffer le public anglais avant l’arrivée de Timmy Trumpet qui a tout retourné.

Avec un set majoritairement Hardstyle et “Psy”, il a chauffé la foule comme jamais. Sitdowns, pogos, etc, le public était en folie. Headhunterz et Ben Nicky (pour son anniversaire) sont même montés sur scène quelques minutes. Niveau tracks, il a passé Brutalized de Malice au bout de 5 minutes, Pandora de Code Black, le remix de Blue par les Da Tweekaz et également du Hardcore avec Pussy Motherfuckerz de Endymion au plein milieu du set. C’était clairement le set le plus fou de cette Creamfields 2019.

Nous avons ensuite assisté à la fin du set de Brennan Heart et au début de celui d’Headhunterz pour prendre la température d’une scène Hard qui était très enthousiaste.

Place enfin au tout nouveau show VOID d’Eric Prydz qui nous en aura mis plein la vue. Avec un set bien progressif, nous retiendrons surtout le show époustouflant avec des structures équipées de néons au-dessus de la foule (à l’image de la scène Blue à Defqon.1 2019) et 16 lasers à foison de toutes les couleurs. C’est un véritable voyage à travers l’espace qu’Eric Prydz nous a proposé. Le final sur son célèbre titre Opus a été un grand moment.

SAMEDI

Place à la journée la plus intense du week-end. Toutes les scènes sont ouvertes et le festival ouvre de 14h à 4h du matin.

Nous sommes arrivés pour le set de Gareth Emery qui a une véritable fanbase en Angleterre (il est né à Southampton) et ça s’est vite ressenti. Il a bien évidemment ouvert son set sur Mezzanine puis passé quelques morceaux de son dernier album avec Ashley Wallbridge, Kingdom United. Mais en deuxième partie de set, il a monté la température avec des remixes d’Oasis ou Prodigy et avec des sons énervés comme Shock Therapy ou Ready To Rave avant de finir sur sa collab Manchester Nights, comme un symbole.

Après s’être promené de scène en scène, nous avons ensuite assisté au début du set de Calvin Harris qui a attiré une foule venue nombreuse pour acclamer une de ses rares venues en Europe. Son titre phare “Giant” en collaboration avec Rag’n’Bone Man a mis la foule en transe dès le début !

La foule était ensuite bien moins nombreuse pour le set de Rezz sur la scène mau5trap. Son style assez atypique proche de la Drum’n Bass a en tout cas ravi les spectateurs présents avec son univers assez psychédélique bien traduit par un mapping de haut niveau. Le tout avec un système sonore réglé au poil procurait une satisfaction immédiate. C’était également un véritable rassemblement de français, nous n’en avons pas vu autant durant tout le festival que pendant son set. L’artiste canadienne a véritablement une fanbase dans l’hexagone.

Place ensuite à un des sets les plus attendus, celui de Above & Beyond sur la scène de leur label Ajunabeats. Le public était bouillant sur chacun des titres dont le combo Sun & Moon et Northern Soul pour terminer en beauté. Avant cela, ils ont notamment proposé un tout nouveau morceau, Another Angel, qui est certainement une de leurs meilleures productions à ce jour, nous avons hâte qu’il sorte. Ils ont également fait une dédicace à leur protégé Ilan Bluestone qui jouait juste après et qui a sorti un excellent set dans son style Trance très progressif. Le final avec Mama Africa et son remix de In & Out Of Love avec Maor Levi a ponctué un set plein de maîtrise. Ilan Bluestone est certainement le talent le plus prometteur chez Anjunabeats.

Retour ensuite sur la scène mau5trap pour le set d’I_O. Artiste Techno inclassable avec une sensibilité Trance assez singulière, I_O s’est d’ailleurs fait connaître davantage par ses productions axées Trance. En tout cas, à Creamfields, en tant qu’avant dernier set de la nuit, il n’a clairement pas fait dans la dentelle avec un set 100% Techno et Acid. Look What Your Love Has Done To Me de Perc a fait trembler les murs de la scène Generator. Les écrans gigantesques ont permis de découvrir son univers visuel geek avec uniquement des lignes de code, c’était assez fascinant.

Enfin, nous avons terminé la journée en Hardmusic avec un set très bien mené par les légendes italiennes TNT aka Technoboy et Tuneboy. Devant un public pas forcément connaisseur, ils ont essentiellement joué des remixes (Booyah, Better Off Alone, Sandstorm…) et des morceaux calibrés mainstage comme Digital Nation, The Realm ou encore Power Hour. Ils ont également passé en fin de set leur dernier morceau Gung avec sa succession de kicks ravageurs. C’était l’endroit idéal pour terminer cette journée tout en puissance avant d’attaquer le dernier jour.

DIMANCHE

Pour ne pas changer, nous avons débuté cette journée en Trance, avec le set de Craig Connelly. Ayant fait ses classes à Manchester, il était ici chez lui à Creamfields devant un public acquis à sa cause. Il a délivré un bon set très vocal avec notamment un nouveau remix convaincant de Dancing In The Rain de Futurecode et son remix de The Way Back Home du français Ferry Tayle qui l’est tout autant.

Place ensuite à un des sets du week-end avec Enrico Sangiuliano. Membre proéminent du label Drumcode, son style Techno organique et plus mélodieux que la moyenne du label nous a vraiment convaincu. Ses atmosphères planantes ou futuristes pleinement illustrées par des morceaux comme Cosmic Ratio, Multicellular ou encore Astral Projection nous ont agréablement fait voyager. Un grand bravo au producteur italien qui apporte un vent de fraîcheur sur la scène Techno.

On repasse ensuite sur la scène Pepsi Max pour suivre la fin du set d’Aly & Fila et le début de celui de Paul van Dyk qui a attiré un public venu en nombre. Concernant Aly&Fila, rien de nouveau sous le soleil, nous trouvons qu’ils tirent sur la corde d’un style Uplifting qu’ils ne renouvellent pas, il n’y avait rien de bien transcendant. Concernant Paul van Dyk, il reste fidèle à lui-même malgré le succès avec son style pleinement reconnaissable mais qui ne tourne pas en rond.

Nous avons ensuite pris la température de la scène Keeping The Rave Alive hébergée par Kutski. Ce dernier a délivré un set 100% freestyle comme nous pouvions nous y attendre. En plus de plusieurs dancefloor killers comme Yes de Rooler ou Power Hour, il a également passé plusieurs titres UK voire Happy Hardcore dont City Streets de Charly Lownoise et Re-Style qui nous a mis le sourire pour la soirée.

L’ambiance sur cette scène était survoltée et le restera jusqu’à la fin et le set de Joey Riot qui a tout retourné. L’écossais qui était ce soir-là plus MC que DJ a littéralement fait exploser la scène Courtyard à coups de Hardcore pour finir en beauté.

Enfin, nous avons pu assister à une bonne partie du set tant attendu de la Swedish House Mafia qui nous a relativement déçu. Après plusieurs annulations réelles ou présumées concernant Tomorrowland, le monde entier avait les yeux rivés vers Creamfields pour voir ce que ça allait donner. La scène Arc qui hébergeait le show était fermée toute la journée jusqu’à 21h15 pour préparer le set. Nous avions donc légitimement d’énormes attentes. Au final, le show était assez classique. Nous avons simplement été impressionnés par la pyrotechnie en deuxième partie de set avec des flammes qui s’élevaient très haut et qui dégageaient une chaleur étouffante !

Il y a eu un petit feu d’artifice à la fin d’un set qui s’est terminé avec 15 minutes d’avance mais rien de bien extraordinaire. Concernant la tracklist, ils ont alterné leurs hymnes connus de tous et des sons un peu plus punchy avec une certaine cohérence mais de façon trop morcelée. Il y avait des sortes de shows de transition entre chaque morceau, ce qui coupait les festivaliers dans leur élan. L’ambiance était bonne mais nous nous attendions à un public plus déchaîné. La façon dont le set a été vendu et conçu n’a pas aidé à ce que le public soit vraiment à fond dedans surtout à la fin de 4 jours de festival. Nous avons au final vu beaucoup de monde partir en cours de route (il y avait du lourd en face avec Tiesto, Camelphat ou encore Adam Beyer & Cirez D). Les fans du trio ont sans doute été conquis mais ceux qui avaient des attentes niveau show sont restés sur leur faim.

Une expérience à vivre

Creamfields est au final un festival assez atypique qu’on conseille vivement à quiconque vient en event d’abord pour les artistes car la programmation est incroyable et variée de même que les sets d’une très grande qualité.

Si vous recherchez un cadre idyllique et des scènes avec des décors très travaillés, passez votre chemin.

Si vous ne jurez que par la Hardmusic, passez votre chemin également. Les sets que nous avons suivis étaient intéressants mais certainement trop adaptés grand public pour des puristes.

Si vous ne jurez que par la Trance, la programmation de cette année était très fournie et variée et les sets que nous avons suivis très aboutis dans l’ensemble. On pouvait au final trouver de la Trance à n’importe quel moment sur les 4 jours, ce qui est très appréciable.

Enfin, si vous venez en festival pour faire des rencontres, on vous conseille de parfaire votre compréhension de l’accent britannique car vous verrez très peu de français ou d’internationaux là-bas. On vous conseille en tout cas vivement Creamfields pour l’ambiance anglaise qui est incroyable et très particulière.

Nous remercions en tout cas Creamfields pour leur invitation et nous sommes plus que chauds pour retenter l’expérience à l’avenir.

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