Project One – Reflections Of The Eternal

Le Samedi 20 octobre dernier, avait lieu au Ziggo Dome, l’event Project One – Reflections Of The Eternal. Organisé par Q-Dance, cet événement mettait à l’honneur le duo Project One. Pour rappel, ce duo est composé de Headhunterz et Wildstylez, deux des têtes d’affiches principales de la scène Hardstyle, qui produisent et jouent ensemble sous cet alias. Rappelons que l’histoire a démarré en 2008 déjà, mais n’était au départ pas destinée à devenir un projet de longue durée. Les choses ont fait que le retour de Headhunterz dans le milieu Hardstyle l’an passé a précipité la recomposition du duo, qui avait déjà été reformé sur scène lors de la Qlimax de 2016 ou de la Defqon.1 de 2017.

L’attente était forcément assez grande autour de cet événement, du moins chez ceux qui s’y rendaient. Voici donc mon impression personnelle de cette soirée.

Arrivé tôt sur place (21:50, soit avant l’ouverture des portes), je constate déjà que je ne fais pas pour autant partie des premiers arrivés. Ce n’est qu’à 22:30, après avoir pu régler les questions de lockers et de tokens, que je peux enfin entrer dans la salle et profiter des premières notes, tout comme des premiers kicks, balancés par Max Enforcer. A titre personnel, j’ai vraiment apprécié ce premier set, notamment l’in-dé-mo-dable « Lost in Paradise », mais aussi une de ses tracks plus récentes, « Deep’r », vraiment très dynamique et qui rend très bien en event, notamment l’intro avec sa bonne reverse bass à l’ancienne.

Vient ensuite le tour d’Adrenalize, qui, rappelons-le, avait été mis en avant par Headhunterz lui-même lorsqu’il avait 15 ans à peine. Aujourd’hui âgé de 21 ans, le Danois n’a pas pour autant changé sa signature musicale entre temps. Il a donc délivré une performance qui aura ravi les amateurs de Hardstyle plus euphorique et mélodieux. On retiendra qu’il n’a pas non plus versé dans l’auto-promo à outrance. Il a terminé son set avec un classique qui commence à ressortir du placard et à être joué ça et là dans quelques sets dernièrement, à savoir « Church Of The Darkside » de Dozer. Pour moi, ce set constituait surtout l’occasion de profiter sans danser plus que cela, en attendant Keltek.

L’ancien membre des Psyko Punkz, désormais lancé dans sa carrière solo, a vraiment proposé un set convaincant, dynamique, avec beaucoup d’envie manifestée sur scène ! Il démarre avec son remix de « Life Beyond Earth » de Project One, mais joue également ses prods les plus connues, à savoir « Bassmode », « Through The Night », « Dance The Way I Am », et bien sûr, « Down To Earth ». Un vrai régal en event avec un soundsystem de qualité. Un gros bravo également pour avoir ressorti « Moonraker » de Noisecontrollers et Alpha², un titre de l’année 2012 trop souvent oublié alors qu’il était excellent. Le public a été reconnaissant et a fortement applaudi le géant blond à la fin de son set.

L’un des grands moments de la soirée est arrivé, avec le set de Project One. L’espace disponible pour danser se fait plus faible et les cris d’encouragement se font entendre davantage. Les deux compères décident de lancer leur set avec leur dernier titre, « Resurrection », puis d’enchaîner avec celui qui a plus ou moins marqué leur retour sur la scène, « Luminosity ». Dans les deux cas, le public est réactif et semble chaud pour tenir le rythme pendant 1 heure entière. Ce set est l’occasion de découvrir en avant-première pas mal d’IDs, globalement assez entraînants mais pas révolutionnaires pour autant. Suffisamment convaincants toutefois pour avoir hâte qu’ils deviennent plus concrets et soient rendus accessibles ! En parallèle, les valeurs sûres classiques sont jouées : « The Story Unfolds », « Maximum Force », « Life Beyond Earth », et « Art Of Creation ». Au passage, cette performance permet de vérifier une fois encore à quel point le public Hardstyle est un public de passionnés unis par un même intérêt. Les gens connaissent par cœur les mélodies, les lyrics, les breaks, les variations de kicks et basses… C’est toujours agréable à voir et revoir, au fil des années qui passent ! Merci Headhunterz et Wildstylez !

Place désormais à nos champions du Hardstyle, à savoir D-Block & S-te-fan. Très actifs depuis quelques mois, les deux associés néerlandais offrent une copie correcte. Après le set de Project One, je ne donne que peu d’énergie sur le set, mais reconnais sa qualité globale et une structure assez cohérente. On mentionnera quelques perles toujours aussi efficaces, dont « Angels & Demons », « « Gave U My Love », « Twilight Zone » ou bien « We Don’t Stop ». Au rayon « pépite du passé », ils n’oublient pas de jouer l’incontournable « Shiverz », qui tel le bon vin, se bonifie année après année. Le duo termine son set avec « Ghost Stories ». Sachant que l’attention était surtout portée sur Headhunterz et Wildstylez, D-Block & S-te-fan ont fourni un bon boulot et ont maintenu la majorité de l’audience dans la bonne énergie. On applaudit donc.

Suit ce qui, selon moi, a été le meilleur set de la soirée, à savoir Headhunterz & Sound Rush. Mais les avis divergent sur la question. S’il fallait résumer, disons que ce set a été un mix équilibré entre tracks et collabs récentes de Headhunterz, et de classiques des années 2008 à 2011. Concrètement, cela signifie qu’ont été joués les titres suivants : « Rescue Me », bien entendu, en ouverture, puis « Reignite » (grand moment d’émotion), le mash-up « Lessons in Scrap ». Moment d’égarement selon moi, lorsqu’ils ont tenté de jouer « Rock Civilization » après une intro à la Star Wars. Peut-être certains ont-ils trouvé cela grandiose, mais personnellement je ne trouve pas que cela était très cohérent. Les lyrics de Rock Civilization sur le thème de Star Wars, c’était… bizarre. Dans le reste du set, on a pu profiter de « Summer Of Hardstyle », du remix par Sound Rush de « FTS » de Showtek, de « Takin’ it Back », ou encore des inévitables « Leap Of Faith » et « Destiny ». La track choisie pour clore ce set est le morceau de Sound Rush, « Back To The Roots ». Pourquoi pas.

Wildstylez mixe ensuite, avec comme d’habitude, peu d’expression sur scène. Mais au moins, la qualité est là. En revanche, peu d’espace laissé aux tracks de l’époque. Des morceaux tels que « Back 2 Basics », « Muzic Or Noize », « Pleasure 2013 » ou « Extraordinary Happiness 2012 » auraient été agréables, mais tant pis, on s’en passera. Au moins, ses tracks récentes ont été jouées, notamment son remix de « Chakra ». Petit bémol car il a exagérément écourté « Children Of Drums », qui fait partie de mes productions Hardstyle récentes favorites. Peut-être que j’attendais trop de lui. Son set était très bon, mais forcément, quand on a du très bon alors qu’on espérait de l’excellent, on reste un peu sur sa faim.

C’est à la fin de sa performance que je décide de partir, car je souhaitais faire de cet event une soirée vraiment centrée sur le Hardstyle mélodieux d’hier et d’aujourd’hui, avant que ça ne parte trop dans le RAW ou le Frenchcore, avec Atmozfears & Devin Wild d’un côté, puis Sub Zero Project, et enfin Sefa. 1001Tracklists est là pour les curieux qui voudraient savoir ce qui a été joué par ces artistes-là 😉.

Alors, au moment de faire un bilan de cette soirée, et de façon à la fois directe et honnête, voici mon ressenti. Project One fait partie des noms qui comptent et permettent à la scène Hardstyle de rester vivante, dynamique, innovante, mais également attractive et facilement « marketable », en raison du fait qu’ils restent dans un registre résolument accessible et commercial. Les deux compères ne révolutionnent rien de particulier, mais proposent ça et là quelques nouvelles sonorités. Ils explorent, mais sans jamais trop risquer. Au final, on a un peu l’impression qu’ils se retiennent de pousser trop loin leur prise de risques, car cela rendrait leurs productions trop spécifiques et qu’ils choqueraient ainsi une partie de leur audience habituelle. Le tout est un peu frustrant, mais dans le même temps, ils sont très forts pour produire du Hardstyle dansant et capable de fédérer les foules. J’imagine que c’est le but premier de ce projet, aujourd’hui encore, et si c’est le cas, alors c’est un succès qui dure et qui est appelé à continuer ainsi pendant plusieurs années. Enfin, on soulignera l’énergie mise en œuvre par Headhunterz pour mettre en avant ce qu’il voit comme la scène Hard Dance de demain, composée des Sound Rush, Keltek, Sub Zero Project mais également Sefa, qu’il a l’air de vraiment apprécier, comme on avait déjà pu l’apercevoir lors de l’un des derniers podcasts de Hard With Style. Pas sûr que les fans de Frenchcore voient cela d’un bon œil, mais ça, c’est un autre débat. En tout cas, merci Q-Dance, merci aux artistes et à un public passionné pour cette nouvelle soirée inoubliable.

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