Une agence de management d’artistes, qu’est-ce que c’est ?

Les agences de management jouent un rôle primordial auprès des artistes, des organisateurs d’événements ou encore des labels. Découvrez comment elles fonctionnent grâce au témoignage de cette jeune étudiante qui veut faire carrière dans l’industrie musicale et qui a géré plusieurs artistes electro pendant 6 mois au sein d’une agence.

Passion BPM : Bonjour Tiphaine, merci de nous accorder un peu de ton temps. Avant de commencer, peux-tu te présenter rapidement ?

Tiphaine : Je suis actuellement étudiante en école de commerce à Tours. Je me suis orientée vers une école de commerce afin de réaliser un projet professionnel que j’ai depuis déjà très longtemps : travailler dans l’industrie musicale. N’étant pas artiste moi-même, j’ai cherché une autre façon de vivre de cette passion.

Passion BPM : Tu souhaiterais travailler dans quels univers musicaux ? Quels sont tes genres favoris ?

Tiphaine : Les groupes que je suis beaucoup actuellement sont des groupes indépendants, ils appartiennent pour la plupart au style electro-pop. Cependant je suis ouverte à tous les genres musicaux. Aujourd’hui les groupes cherchent l’inspiration partout et aucun genre musical n’est mis de côté.

Passion BPM : L’éclectisme est également une valeur chère à Passion BPM. 🙂 As-tu déjà eu des expériences dans la musique ?

Tiphaine : Oui, plus jeune, dans le cadre scolaire et notamment à l’ESCEM, je faisais partie d’associations qui organisaient des concerts ou encore des tremplins musicaux. Récemment, j’ai eu la chance d’effectuer deux stages dans le secteur de l’industrie musicale. Une première expérience de 6 mois dans une des majeurs (maisons de disque) puis 5 mois dans une agence de management d’artistes spécialisée dans l’electro.

L’équipe de l’association 45 Tours de l’ESCEM organisant entre autres un tremplin musical.

L’équipe de l’association 45 Tours de l’ESCEM organisant entre autres un tremplin musical.

Passion BPM : Peux-tu nous en dire plus sur ces 2 stages ?

Tiphaine : J’ai effectué mon premier stage dans un service qui construit des partenariats entre les artistes et les marques. Il s’agit donc de placement de produits, d’endorsement (utilisation d’une personnalité ou d’une célébrité pour véhiculer l’image d’un produit, d’un événement, d’un service ou d’une marque) ou d’organisation d’événements. Ce stage représentait le parfait équilibre entre mon profil d’étudiante en management, marketing et ma passion. Ce métier implique une prise de contact constante entre les différents acteurs : labels, management d’artistes, merchandising, etc. Ce qui m’a apporté une vision très globale du secteur.

Pour mon deuxième stage, j’ai souhaité me rapprocher davantage de la partie artistique elle-même et donc travailler directement avec et pour les artistes. Je voulais boucler la boucle afin d’avoir la vision la plus complète possible du milieu : les intérêts, les enjeux pour chacune des parties (artistes, maisons de disques, etc…)… Le management d’artistes représentait ce qu’il y avait de mieux pour cela. Durant ce deuxième stage, j’ai donc travaillé quotidiennement avec les artistes. Aussi bien sur les aspects logistiques que sur le marketing, la communication ou encore le booking. J’ai réellement goûté au métier d’agent. Cela demande un investissement sans limite mais j’en ressors grandie et l’expérience était d’une grande richesse !

Passion BPM : Peux-tu nous expliquer comment travaille une agence de management ?

Tiphaine : Le parti pris de l’agence dans laquelle je travaillais était de travailler avec le plus d’autonomie possible. On faisait donc tout, tout seul. Qu’il s’agisse de la partie logistique, marketing, créatif ou encore booking. Pour le booking, cela dépend beaucoup des artistes. Mon agence compte de jeunes artistes dont certains en réel développement. Ainsi on entre très régulièrement en contact avec les promoteurs mais beaucoup d’entre aux reviennent vers nous pour booker nos artistes à nouveau. Certains artistes jouent régulièrement dans les mêmes clubs.

Passion BPM : Quel est votre rôle auprès des labels ?

Tiphaine : Mon agence avait son propre label justement pour une question d’autonomie. Il est donc difficile pour moi de répondre à ta question.

Passion BPM : As-tu eu des difficultés à gérer certains artistes ?

Tiphaine : Non je n’ai pas rencontré de difficultés à ce niveau-là. Du moins pas du côté de l’artiste lui-même. La pression est là et l’erreur n’est pas permise. Mais cela vient du fait que chaque action a un impact sur l’image de l’artiste. L’objectif est de le faire grandir. Ainsi de tout mettre en œuvre pour que l’artiste soit dans les meilleures conditions pour créer et pour monter sur scène. Donc oui c’est beaucoup de pression tout de même. Mais j’ai eu la chance de travailler avec des artistes très professionnels.

Passion BPM : On sait qu’aujourd’hui de nombreux DJ’s se prennent pour de véritables rockstars, tu n’as pas eu à gérer des caprices ou des demandes insolites ?!

Tiphaine : Il est vrai que le rôle d’un agent est parfois celui d’une maman. Mais non je n’ai pas eu de caprices. 😛

Passion BPM : Ton poste était situé aux Pays-Bas à La Haye. As-tu aimé la vie là-bas ? En as-tu profité pour faire des festivals ?

Tiphaine : Oui le fait que l’agence se trouve aux Pays-Bas était un vrai plus ! En plus de découvrir un nouveau métier, j’ai découvert une nouvelle culture. Effectivement les Pays-Bas sont réputés pour leur dynamisme en ce qui concerne la musique electro et les festivals. Pour ma part, j’ai fait le Milkshake Festival et le Latin Village Festival.

Tiphaine (à droite) @ Milkshake Festival 2015

Tiphaine (à droite) @ Milkshake Festival 2015

Passion BPM : Dans une récente enquête, on avait montré du doigt les problèmes français en matière d’organisation événements à l’inverse des Pays-Bas où il y a des festivals incroyables de partout. Quelle est ton opinion à ce sujet ?

Tiphaine : Je ne suis pas experte en la matière mais pour en avoir discuté avec des hollandais, certains préfèrent se rendre à des festivals à l’étranger (notamment en Belgique) car ils trouvent que leurs festivals sont justement trop organisés et trop restrictifs. Les festivals néerlandais sont peut-être mieux organisés mais on peut regretter une « sur-organisation » qui laisse moins de place à la fête en Hollande. J’ai vu beaucoup de festivals se déroulant sur une seule journée et se terminant à 23:00. Donc effectivement ce n’est pas le même genre d’ambiance.

Passion BPM : Il est vrai que certains festivals peuvent paraître courts. Mais plusieurs events néerlandais commencent justement à être étalés sur plusieurs jours (Defqon.1, Mysteryland, Decibel Outdoor, etc). Avant de conclure, que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

Tiphaine : Ce qu’on peut souhaiter pour l’avenir est que les changements liés au développement des nouvelles technologies et les impacts que cela a sur la musique ne fassent pas disparaître sa diversité qui en fait toute sa richesse culturellement et socialement parlant. J’espère sincèrement que les petits artistes plus indépendants parviendront encore à se faire une place.

Au niveau personnel, je souhaite grandir et évoluer dans ce milieu afin d’avoir la chance d’y consacrer ma vie professionnelle. Ce milieu est tellement riche, je serais alors la plus heureuse!

Passion BPM : Ce sera le mot de la fin. Merci de ton témoignage et bon courage pour la suite. 🙂

Tiphaine : Merci beaucoup à toi et bonne continuation sur ton site ! 🙂

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